Rencontre avec le Clap Gouénovais

Pour ce second volet de notre dossier consacré aux organisateurs d’épreuve, nous avons rencontré Gilles Aignel, vice président du Clap Gouënovais, organisateur de la course de côte de Saint Gouéno. Après avoir montré toutes ses compétences en 2007 lors de l’organisation de la finale de la coupe de France, le « Clap » franchit cette année une marche supplémentaire en retrouvant, 25 ans après, le championnat de France de la montagne !

La course de Côte de Saint Gouéno retrouve sa place au championnat de France de la montagne, une grosse satisfaction j’imagine ?
Oui, c'est une grosse satisfaction pour toute l'équipe organisatrice qui s'était fixé cet objectif en 2005 lors de la relance de cette course : retrouver le Championnat de France et redonner à cette épreuve son lustre d'antan. Cet objectif a été atteint en plusieurs étapes : - relancer la course après de nombreuses années d'interruption, en mobilisant une équipe d'organisation rajeunie tout en s'appuyant sur l'expérience des anciens, - lui donner un "éclairage national" au travers de la Finale de la Coupe de France 2007, - consolider et améliorer l'organisation en Nationale en vue de l'accueil d'une manche du Championnat de France de la Montagne.

Quelles ont été les principales difficultés pour en arriver là ?
Il a fallu tout d'abord convaincre les élus locaux de la dynamique du projet afin que le Conseil Général des Côtes d'Armor assure une réfection complète du parcours. En parallèle, nous avons dû gagner la confiance des instances fédérales et prouver la crédibilité de notre projet afin de gravir les différents échelons de la discipline. Un travail tout particulier a été réalisé sur l'amélioration de la sécurité.
Ensuite, l'assise financière a été primordiale pour pérenniser la manifestation et lui donner une ampleur nationale.
Enfin, la structuration de l'équipe d'organisation a été essentielle pour canaliser les énergies des quelques 350 bénévoles.

Comment se prépare une épreuve de cette envergure ?
Il y a plusieurs étapes : La première, très en amont, consiste à préparer le dossier d'un point de vue sportif en sollicitant les officiels fédéraux et commissaires indispensables à ce type d'épreuve, et en se coordonnant avec le promoteur du Championnat de France de la Montagne. En parallèle, les dossiers de communication doivent être présentés et défendus auprès de nos partenaires institutionnels et commerciaux. La préparation du terrain nécessite une organisation échelonnée dans le temps avec cette année un gros travail sur l'élagage, la pose de rails et le marquage du parcours. Les services techniques du Conseil Général sont particulièrement actifs sur cette phase. La communication, quant à elle, se décline suivant 3 axes : - les annonceurs : que ce soit pour les partenaires institutionnels ou les partenaires commerciaux, il ne faut rien négliger car c'est un maillon essentiel à la réussite de la manifestation - les pilotes : l'Ouest est une région peu représentée en termes d'épreuve au niveau national, et c'est aussi le cas au niveau des pilotes. Notre effort porte ainsi sur des actions de promotion telle que celle engagée avec l'épreuve de La Pommeraye visant à proposer des réductions d'engagement pour les pilotes de l'Ouest (comité 12 et ASA 1201). Nous assurons également une présence sur toutes les épreuves du CFM afin de réaliser une promotion régulière et constante auprès de l'ensemble des pilotes nationaux. - le public : sans public, pas de course ! Notre effort de communication sur ce point utilise tous les vecteurs médiatiques à notre disposition : la presse locale, régionale et spécialisée, les radios et TV, le web (notre site web et les sites spécialisés - forum et autres !), les affiches, les tracts, .... Par ailleurs, la visite de la Ministre des Sports, Madame Roselyne Bachelot, a permis de donner un "coup de projecteur" sur la manifestation dès le mois de Janvier.
Sur le plan administratif, la réalisation du règlement de l'épreuve ou bien encore du dossier préfectoral sont également essentiels dans la préparation. Sur le plan technique, les moyens techniques, infrastructures, hébergement, restauration sont identifiés, réservés et leur mise en œuvre planifiée. Enfin, à l'approche de la manifestation, les responsables constituent leurs équipes et organisent la préparation sur le terrain avant, pendant et après l'épreuve. Tout ceci se met en place suivant un planning échelonné de réunions mensuelles avec les responsables d'équipes.

De nombreuses animations ont été proposées au public l’an dernier en marge de l’épreuve. Qu’avez-vous prévu pour cette année ?
L'animation "phare" en marge de la course, c'est le Festival Déjanté. L'objectif est de créer un week-end festif "plein" en assurant des concerts durant les deux soirées du week-end et permettre ainsi d'élargir la manifestation au plus grand nombre. Cette année, la soirée du vendredi sera particulièrement dynamique avec une tête d'affiche rock celtique qui nous vient de Manchester, et qui a déjà marqué Saint Gouéno lors d'une précédente édition du "Festival des Tertres".
Au niveau de la piste, on retrouvera également les pilotes anglo-saxons (anglais et irlandais) qui assurent également un spectacle et des performances sportives qui n'ont rien à envier à celles de nos meilleurs pilotes nationaux. On retrouvera également de l'ambiance avec nos amis drifteurs très appréciés dans le passage du Fer à Cheval

Un mot de conclusion ou de remerciement ?
Ce retour en Championnat de France de la Montagne, on le doit d'abord au public car c'est lui qui nous a donné l'énergie pour nous motiver et se donner un objectif ambitieux. Le soutien des collectivités, la Mairie de Saint Gouéno, la Communauté de Communes du Mené, le Conseil Général des Côtes d’Armor, la Région Bretagne, ainsi que l’appui du député de la circonscription ont permis de crédibiliser le dossier et de mettre en avant le réel engouement autour de ce projet. Sur le plan sportif, l'accompagnement des instances fédérales et de tous les officiels a été également essentiel pour progresser et apporter les améliorations indispensables à l'organisation d'un Championnat de France. Au-delà de l’aspect purement sportif, c’est aussi le mouvement associatif, vecteur d’intégration sociale, et la dynamique qu’il engendre qui a rendu possible cette candidature. C’est donc un succès collectif de toute une région et de sa population, et le défi à relever n’en est que plus beau : « Rendez-vous les 5 et 6 Juin 2010 ! »

Propos recueillis par Stéphane Lusteau pour www.sportauto-comite12.org