La Montée des seigneurs

Saint-Gouëno 2007: l’ascension des seigneurs !

 

 

Qui, parmi les 670 gouénovais, n’était pas d’une manière ou d’une autre présent le long de la D14 le dimanche 30 septembre 2007 ? Cette question restera évidemment sans réponse mais il y a fort à parier que PPDA et Michel Drucker aient accusé un très fort déficit d’audience du côté du Mont Bel Air, là où culmine le département des Côtes d’Armor… Tout entier mobilisé pour le succès de SA course de côte et récompensé par la présence de milliers de spectateurs répartis de part et d’autre de la D14 et régalés par des bagarres sportives intenses, le village armoricain a réussi la plus belle des ascensions vers les sommets de la discipline !

 

Tous unis derrière Olivier Henry, leur jeune et dynamique chef de file, les membres de l’Ecurie du Mené ont réussi leur pari : redonner du lustre à la course de côte de Saint-Gouëno. Cette compétition (créée en 1969) vaut toujours à la petite commune armoricaine, lorsqu’on actionne un fameux moteur de recherche américain, quelques lignes élogieuses à la rubrique ‘activité locale’ ! D’autres s’y ajouteront sans doute bientôt… Relancée sous la forme d’une compétition réservée aux voitures historiques en 2004, puis carrément ‘boostée’ après sa nomination dans le cerclé très fermé des terres d’accueil d’une Finale de la Coupe de France, la course de côte gouénovaise vogue désormais sur les plus hauts sommets de la discipline. Avec le concours de tous les habitants ou presque et de nombreux partenaires, elle a en tous les cas parfaitement réussi son examen de passage à l’occasion du dernier week-end du mois de septembre 2007. Sous le soleil samedi, puis sous un ciel à peine clément le lendemain, elle a accueilli la bagatelle de 10.000 visiteurs (soit deux fois plus que le nombre d’âmes du canton de Collinée auquel Saint-Gouëno appartient !), régalés par des bagarres en piste passionnantes et un programme plus que complet. Entre les évolutions des Finalistes, la démo’ de quelques uns des meilleurs animateurs du Championnat de France dans le cadre de l’original Master Top Montagne, les ascensions d’une trentaine de véhicules venus d’Outre Manche, la présence remarquée de pilotes de Formule 3000, les survols en hélicoptères à portée de toutes les bourses… les spectateurs ont en pris plein les yeux. Et en redemandent pour les années à venir !

Le sacre d’Henri !

Sur le plan sportif, la huitième Finale du nom a tenu toutes ses promesses même si les nuages qui menaçaient dès le début des hostilités dimanche, ont finalement fini par craquer dans le ciel des Côtes d’Armor, perturbant ainsi le déroulement de la seconde manche. Evidemment, c’était ‘pile poil’ à l’heure du passage de la catégorie reine, celle des monoplaces… Par la suite, la violente sortie de route d’un participant à la parade britannique et la nécessaire intervention médicale qu’elle a occasionnée, a laissé le temps à l’asphalte de la D14 de se refroidir et surtout à l’ondée de reprendre de plus belle… Dès lors, aucun pilote n’a pu améliorer lors de la troisième et dernière tentative. Voilà comment à la faveur d’une seconde ascension exceptionnelle, le Normand Henri Néel a conquis son premier titre majeur et coiffé au passage l’ensemble des pilotes de monoplaces… Quant aux bagarres dans les autres groupes, elles non plus (pour la plupart) n’ont pas manqué de piment ! Voyons plutôt…

GROUPE D/E

Net vainqueur de groupe, Benoit Bouche est sans aucun doute le plus grand perdant de la Finale 2007… La naissance de son fils Lucas (arrivé parmi nous la veille du lancement des hostilités) a en effet quelque peu chamboulé son week-end. Arrivé tardivement sur le site breton (on comprend), l’Auvergnat a découvert ce qui l’attendait lors des essais seulement… Et comme tous ses collègues armés de monoplaces, seule sa première montée officielle s’est déroulée sur le sec… Dommage, le garçon avait plutôt la ‘gniaque’… En attendant encore, Lucas se contentera de la deuxième place au scratch et de la victoire de groupe de son papa ! Groupe dans lequel Daniel Moimeau et Michel Baud se sont illustrés. Benoit Perrin (Martini MK69) est l’autre grand malchanceux du meeting. Confronté à un problème électrique, le Lorrain n’a pu prendre part à la première montée…

 

Benoit Bouche (vainqueur du groupe D/E, 28 ans, réside à Baune le Froid -63, entrepreneur dans le bâtiment, a débuté en compétition en 2000): « Je ne pensais pas signer le temps que j’ai fait dimanche matin sans avoir reconnu… Sur ce plan, c’est plutôt positif ! Mais c’est quand même bien dommage que la météo n’ait pas joué entre notre faveur... Pour moi, le résultat est le même qu’il y a deux ans à Remiremont quand j’avais terminé deuxième derrière Alban Thomas. »

Podiums Groupe D/E (16 partants)

1. Bouche (Dallara F399), 1mn26s241 – 2. Moimeau (Dallara) +1s817 – 3. Baud (Martini MK73) +3s088

GROUPE C

Le pilote de Villedieu-les-Poèles fût l’un des rares candidats à la victoire à être passé entre les gouttes et à bénéficier ainsi de deux montées ‘claires’. A la faveur d’une seconde tentative météorique, il décroche le cocotier. Chapeau ! Quant à sa victoire de groupe, elle n’a souffert d’aucune contestation. Nul ne dira le contraire, pas même ses plus valeureux rivaux : Jérémie Goehry (Breda Opel), aperçu en d’excellentes dispositions après la pause déjeuner et Franck Guilbert (Legay Honda).

Henri Néel (Norma M20, 55 ans, réside à Villedieu-les-Poèles -50, gérant d’une entreprise automobile) : « C’était une belle course. Je suis satisfait de mon chrono ! Je crois que c’était une belle performance. C’est dommage pour la météo car je pense que la bagarre aurait été superbe et que nous aurions été plusieurs dans de faibles écarts de chrono.. »

Podiums Groupe C (15 partants)

1. Henri Néel (Norma M20), 1mn25s617 – 2. Goehry (Breda Opel) +3s124 – 3. Guilbert (Legay Honda 826B) +4s883.

GROUPE A

Au volant de la Renault Maxi Mégane qui fit les plus beaux jours d’un certain Serge Jordan en rallye, David Deslandes a frappé fort d’entrée dimanche matin. Bien lui en a pris car Daniel Roudet rôdait (ouaf, ouaf), notamment lors de l’explosive montée qu’il a distillée aux spectateurs en début d’après-midi au volant de son originale Audi A4. Merci et bravo messieurs ! Sur une magnifique Peugeot 306 Maxi, Jean-Luc Fritsch recueille le dernier accessit.

David Deslandes (Renault Mégane Maxi, 37 ans, réside à Coutances -50, gérant d’un centre auto) : « C’était une belle finale, disputée sur un parcours qui était très loin d’être évident à négocier. J’ai gagné mais je me méfiais beaucoup de Roudet. Je crois que j’ai eu raison. Surtout en voyant le temps de sa deuxième montée… »

Podiums Groupe A (20 partants)

1. Deslandes (Renault Mégane Maxi), 1mn36s179 – 2. Roudet (Audi A4) +1s017 – 3. Fritsch (Peugeot 306 Maxi) +5s905

 

GROUPE N

Le cadet des frères Werver, Nicolas, a fait en sorte que ses rivaux ne se posent aucune question tant il a dominé le sujet. Vainqueur des trois manches au programme, il ‘infuse’ Rémy Baby et son frère Guy… Ah oui, la BMW M3 était incontestablement l’auto dont il fallait disposer pour s’illustrer à Saint-Gouëno.

Nicolas Werver (BMW M3, 28 ans, réside à Steige -67, serrurier soudeur, débuts en compétition en 1995): « Rien à dire : belle course, belle organisation, bonne ambiance et une victoire de groupe. Bref : que du bonheur ! »

Podiums Groupe N (24 partants)

1. Nicolas Werver (BMW M3), 1mn37s938 – 2. Baby (BMW M3) +2s375 – 3. Guy Werver (BMW M3) +3s344.

GROUPE F

Xavier Burgevin a dicté sa loin d’entrée de jeu. Guy Poinsignon (Simca CG) ne s’est pas résigné pour autant et semblait en mesure de contrer l’homme à la Jidé. Ah, s’il n’avait point plu… A la faveur d’une très bonne deuxième montée, Fernand Santarelli et sa mélodieuse Porsche 959 RSR empochent la médaille de bronze.

 

Xavier Burgevin (Jidé, 30 ans, réside à Aubas -24, conducteur de machine dans une papeterie, vainqueur du groupe F depuis 2005) : « C’était une très belle course avec un tracé qui m’a beaucoup plu. Je suis très content de la bagarre qui s’est déroulée tout le week-end entre Guy Poinsignon et moi. »

Podiums Groupe F (36 partants)

1. Burgevin (Jidé), 1m,35s846 – 2. Poinsignon (Simca CG) +1s293 – 3. Santarelli (Porsche 959 RSR) +2s193

Alors que l’on

GROUPE GT

Le Gardois Frédéric Rossel n’a laissé aucun espoir à Michel Tanvet, l’ambassadeur de la course de côte gouénovaise…

 

Frédéric Rossel (Caterham Super Seven, 38 ans, réside à Alès -30, agent de maitrise, vainqueur du groupe GT depuis 2005) : « J’étais venu pour gagner et j’ai gagné. Je n’ai pas pris de risques et je suis persuadé que ça pouvait aller nettement plus vite. C’est dommage que la météo n’ait pas été avec nous jusqu’au bout… »

Podiums Groupe GT (2 partants)

1. Rossel (Caterham) 1mn40s027 – 2. Tanvet (Hommell RS) +7s900.

INFOS GENERIQUES

Organisation : Asaco Maine Bretagne (organisateur administratif), Ecurie du Mené (organisateur technique) sous couvert du Comité Régional Bretagne Pays de la Loire

Date : 29 et 30 septembre 2007

Site d’accueil : St Gouëno (22), D14 entre les ‘Hautières’ et le ‘Haut de l’Hiver’

Caractéristiques : 4,5% de pente moyenne, 3200 mètres.

Déroulement : trois montées obligatoires

Classement final : au meilleur des trois montées

Engagés : 123

Partants : 113

Classés : 104

Scratch final : 1. Néel, 1mn25s617 – 2. Bouche +0s624 – 3. Moimeau +1s817

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